COACH LOPEZ, MAÎTRE YODA DU MMA

DANS LA FABRIQUE DES CHAMPIONS DU MMA FRANÇAIS

Depuis cinq ans, une salle de sport parisienne pas comme les autres fabrique les meilleurs combattants français de MMA : la MMA Factory. Derrière le succès de l'usine à champions, se cache le coach Fernand Lopez qui façonne l'élite tricolore en attendant la légalisation du sport de combat en cage qui mélange tous les arts martiaux. 

“Allonge tes bras là Guillaume ! Allonge encore plus s'il te plaît. Oh ! il est violent en ce moment !” Crâne rasé de près, bouc poivre et sel, cicatrice sur le visage, un homme petit mais costaud harangue la quinzaine de combattants en entraînement dans la cage de combat du rez-de-chaussée de la MMA Factory, dans le XIIe arrondissement de Paris.

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“Avance Alex ! Il manque l'avancée !” Ancien champion, coach sportif, businessman, soigneux communiquant, Fernand Lopez, c’est l’homme derrière les plus gros succès du MMA  français à l’international. Et aussi l’un des fervents défenseurs de sa légalisation. Car avec la Norvège et la Thaïlande, la France est l’un des seuls pays au monde à ne pas encore avoir légalisé la compétition de MMA en cage, jugé trop violent.

“Le MMA n'est pas beaucoup plus violent qu'un autre sport de combat, se défend pourtant d’emblée Fernand Lopez. L'essence même du sport de combat c'est de la violence. À partir du moment où je suis en train d'imposer une domination physique, ça signifie qu'il y a de la violence. Et du coup la violence existe dans tous les sports y compris les sports dits de non-combat. Le football, on joue au football c'est violent, c'est hyper violent.”

L’entraînement, lui, reste autorisé. En France, entre 30 000 et 50 000 pratiquants s'exerceraient dans environ 240 clubs de MMA. La MMA Factory est l’un d’entre eux. Fondé en 2013 par Fernand Lopez, le club compte plus de 400 membres, dont quelques illustres champions de l’UFC, le championnat américain d’arts martiaux mixtes considéré comme le plus prestigieux au monde. Taylor Lapilus, Francis Ngannou, Christian M’Pumbu… Tous passés entre les mains du coach Lopez.

La fin de journée est consacrée à l'entraînement individuel d’un jeune talent qui s’apprête à disputer un gros match. “Un, deux, arrière. Crochet.” Quand on lui demande les raisons du succès de ses poulains, Lopez insiste sur l’entraînement, “pour tout le temps aller chercher le plus haut possible”. Des séances intenses, mais aussi beaucoup de communication pour façonner l’image et la réputation de ses combattants. Sur Instagram, Fernand Lopez cumule plus de 40 000 abonnés. Francis Ngannou, près de 500 000. Chaque jour, l'entraîneur anime sa communauté en partageant ralentis d’uppercut et photos d’assiettes ultra protéinées.

“Je pense, à mon avis, qu'on avance parce que schématiquement il y a un groupe qui fonctionne ensemble et à chaque fois qu'il y a un souci, qu'on rencontre un problème, qu'il y a une défaite, c'est l'occasion de faire une réunion de crise et de trouver des solutions pour pouvoir se réadapter au niveau supérieur.”

C’est la fin de la journée pour le coach et ses poulains. La fillette de Fernand l’attend en bas, à califourchon sur un appareil de musculation. “On passe beaucoup de temps ensemble. Coacher ne peut pas se passer sans qu'il y ait un certain affect”, conclut Lopez.

Article publié le 5/02/2018

 

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